Marseille

A la rencontre de trois talents, dans trois univers différents

Mode, Musique, Gastronomie, la capitale phocéenne regorge de surprise et était une étape clé de notre parcours. Nous sommes partis à la rencontre de trois talents, en commençant par trois jeunes créatrices marseillaises.

Longtemps fantasmé – à tort ou à raison - comme le quartier chaud du centre ville marseillais, Belsunce voit aujourd’hui froufrous et vêtements hauts en couleur s’exposer dans ses rues le temps d’un shooting-photo sous la bannière de Bellesunce. Alors, « fleuron des quartiers phocéens qui sévit sur les cafards comme le Baygon » comme le chante le rappeur Bouga au début des années 2000, ou marque émergeante s’affichant en pastille sur des tee-shirts pour filles plus de 15 ans après ?

Quoi qu’il en soit, Mathilde, Juliette et Pauline, jeunes créatrices marseillaises bien ancrées dans leur ville et dans leurs baskets présentent leur marque de vêtements et accessoires. Des pièces faciles mais inoubliables, se nourrissant autant du melting-pot ancien que du renouveau plus actuel qui se trame dans la cité phocéenne. Et posent la question qui brûle encore les lèvres de certains : qui es-tu vraiment, Marseille ? Bordélique et dangereuse ou brassée de mille vents et mille tons nouveaux ? Trop fière et trop exubérante ou accueillante et douce allégorie de la Dolce Vita ? A leur façon et sans (re)prises de tête, nos triplettes de Belsunce apportent quelques éléments de réponse. Sans chercher à changer la réputation contrastée de la ville, elles la complètent, naturellement. Avec sincérité, talent et élégance.

Bellesunce, c’est d’abord une histoire d’amitié et de centres d’intérêt communs. Pour l’art en général, pour la douceur de vivre du Cours Julien et l’ambiance de la capitale du Sud ensuite. Des discussions autour de la mode au commencement, puis une complémentarité qui se dévoile ensuite : pour la conception de leurs premières pièces, les rouages sont déjà bien huilés. D’abord, Mathilde dessine. Toutes doivent approuver pour passer plus tard aux choix des tissus, de la matière et de la couleur. Juliette coud ensuite. Puis Pauline diffuse et communique sur internet. Un travail d’orfèvre - en commun - lié aux technologies nouvelles : depuis qu’elles partagent leurs créations sur Instagram, la jeune marque marseillaise pointe le bout de son nez dans le milieu.

Entre shootings, premier défilé pour la Marseillaise du mois et contacts avec mannequins et photographes, Mathilde, Juliette et Pauline prennent leurs marques sur la toile « Instagram est le réseau mode par excellence. C’est gratuit, accessible. Il s’agit du meilleur support de communication pour nous qui débutons. Cela nous apporte de la visibilité. Et du plaisir ! » Un plaisir et un travail en commun qui ne se démentiront pas par la suite.

« On prend Belsunce comme exemple mais on s’inspire aussi des quartiers Nord de Marseille, en juxtaposant par exemple un jogging Adidas avec ce qu’on fait nous. Il s’agit d’une confrontation entre deux mondes qui existent et se distinguent sans forcément se mélanger. On ne peut pas parler de mixité mais plutôt de cohabitation, d'où les contrastes et les frontières bien visibles dans la ville. » Alors dans l’idée de provoquer ce mélange, le trio marseillais veut « mettre en avant le quartier, en y apportant une touche d’allure ».

Avoir les baskets solidement agrippés au béton marseillais n’empêche pas pour autant de laisser ses aspirations décoller. Si elles terminent tout juste leurs études et n’ont pas encore eu le temps de tirer des plans sur la comète, les jeunes créatrices constatent que la greffe prend. Plutôt vite, même.

«  Raconter notre Marseille ».

Si elles aiment répéter qu’il appartient à chacun de raconter sa propre histoire et de créer son propre style, il n’en reste pas moins qu’elles ont des choses à dire. Sur le quotidien qu’elles vivent ici, entre et coup de cœurs et coups de chaud. Sur le futur qu’elles imaginent, autour de Bellesunce bien sûr, et jamais trop loin de Marseille évidemment. Leur Marseille, celui qu’elles racontent à travers leurs créations : des pièces d’une démesure ensoleillée, une mode enlevée à coup de froufrous travaillés, plis ciselés mais surtout des tissus qui respirent la vie, acheté sur le marché dans le quartier de Belsunce : le faste de la création dans la simplicité d'un tissu à la qualité frêle, des pièces qui en ressortent plus fortes et plus originales. Du marseillais pur jus, de la féminité à doses salvatrices.

Histoire de savants mélanges, encore. « Marseille nous inspire. L’ambiance y est contrastée mais attachante. Le Cours Julien, le Vieux Port, la mer, les sorties culturelles… On y vit bien, il fait beau, les gens sont de bonne humeur. Marseille est rebelle. Dans le bon comme dans le mauvais sens du terme. Mais on aime le vivre. » Créations, toujours : « On ne cherche pas une mode élitiste. On ne veut pas souffrir de conformisme, être aliéné par un code couleur par exemple. Marseille n’est pas homogène, la mode ne doit pas l’être non plus. Notre but est que les gens s’approprient nos vêtements. Faites en ce que vous voulez ! Tant que ça vie et que ça bouge. Racontez votre propre histoire avec votre propre style. » Un style à suivre que celui de Bellesunce, marque prometteuse cousue main pour une ville si différente des autres.

Retrouvez leur Instagram à cette adresse.

Ouverte sur le monde par excellence, Marseille fait du mélange des genres sa spécialité. Experte en brassage des populations, des arts et des cultures, la scène musicale n’y échappe pas. Si le rap est la musique dominante de ces vingt dernières années, d’autres sons et d’autres instruments sifflent aux oreilles des marseillais. Dont le Handpan. « Ma première rencontre avec l’instrument se fait un peu par hasard, alors que je cherchais des vidéos sur le violon électrique, se souvient Jérôme Chauvin, dit « xkliber ».

Youtube me propose le clip d’un garçon dans la rue qui joue sur une sorte de soucoupe volante des sons incroyables. L’objet était curieux et les sonorités encore plus. » Le coup de foudre opérant, Jérôme se forme sur le tas et devient peu à peu un joueur de Handpan patenté : en observant les pionniers du genre sur internet tout d’abord, en participant à des festivals ensuite. Là, il rencontre musiciens et constructeurs, échange avec des populations et des cultures du monde entier. Instrument encore peu connu du grand public, le Handpan se joue seul ou à plusieurs, accompagné de guitare ou de flûte, et s’est même retrouvé dans les créations de Bjork ou dans différentes BO de films.

« Tu peux jouer en solo ou avec plusieurs Handpans pour multiplier les notes, dans des formations jazz, de reggae ou d’électro… C’est un instrument particulier dont on ne peut pas vraiment donner d’âge, mais qui touche tous les styles. » Et à Marseille, les styles s’entrechoquent souvent. Le Handpan, catalogué dans les Musiques du monde, ne dépareille donc pas dans le canevas musical phocéen.

«  Utiliser la technologie pour partager ».

Comme toute discipline « underground », internet et les réseaux sociaux permettent de diffuser et démocratiser. Après avoir beaucoup observé et pratiqué, Jérôme se lance. « Après six mois d’apprentissage, je poste ma première vidéo sur Facebook et Youtube, dans l’idée de partager et d’entrer en contact avec d’autres adeptes. Puis je découvre que des festivals de Handpan existent. Depuis, j’y vais tous les ans, en France ou à l’étranger.

Cela me permet de rencontrer réellement les joueurs, d’apprendre de nouvelles techniques et de lier de belles amitiés qui perdurent ». En pratique, Jérôme utilise la technologie au quotidien pour faire vivre sa musique et son travail. Ingénieur web depuis plusieurs années, le Normand de naissance, adopté par Marseille en un seul clic, en connaît d’ailleurs un rayon : « Je peux me servir de mon téléphone pour me filmer lorsque je joue.

Je prends également des photos que je partage sur Facebook ou Instagram. Des applications collaboratives existent aussi. Enfin, je peux faire du montage vidéo ou son directement sur mon appareil pour diffuser ce que je fais, que ce soient mes créations en solo ou à plusieurs ». Car oui, les années passant, Jérôme noue des liens avec bien des musiciens marseillais et s’ils jouent pour l’instant en comités réduits, il n’est pas à exclure que des représentations publiques voient le jour. Afin de mêler l’intimiste et le pluriel, dans un mélange de sonorités toujours maîtrisées.

«  Le Handpan, délicat mais fort en caractère ».

Quartier d’Endoume en ce week-end d’octobre ensoleillé. Jérôme déballe son Handpan, s’assoie en tailleur et dépose l’engin sur ses genoux. Sur sa gauche, son téléphone est paré pour filmer. L’opération de charme démarre alors. Par des gestes fluides et des à-coups des deux mains, il chauffe et réveille le métal de son instrument. Et les lieux, par la même occasion. Tel un flûtiste faisant onduler son serpent, Jérôme fusionne avec son instrument.

Les notes fusent, les premiers passants s’arrêtent. Intrigués, ils se laissent d’abord envahir par les douces vibrations qui semblent flotter dans l’air. Les sons s’enchaînent et enveloppent le quartier et ses quidams. Certains dégainent leur téléphone et se mettent à filmer l’artiste. D’autres préfèrent ne pas rater une miette du moment. En tout cas, la magie opère. Si l’objet semble incongru, il en paraît cependant simple, voir primaire. Erreur. La partie supérieure de l’objet permet d'obtenir un son très différent suivant la manière dont elle est utilisée, rappelant des sonorités proches de celles d’une harpe ou d’une cloche.

Sept à huit notes (parfois plus selon la fantaisie des fabricants et les demandes des joueurs) y sont disposées en cercle de la plus grave à la plus aigüe. Sous l’instrument, une cavité vide permet de jouer avec les résonances. Un travail et une conception minutieuse qui font du Handpan un objet rare autant que raffiné : il ne se fabrique pas à la chaîne mais à la pièce, et, comme tout objet précieux, ne sait camoufler sa fragilité. Délicat mais fort en caractère, le Handpan et ses notes se marient en tout cas à merveille avec les courbes du décor marseillais du jour. Les passants restent stupéfaits et les premiers échanges débutent avec Jérôme.

«  Ancré dans Marseille, ancré dans le monde ».

A l’image de sa ville d’adoption, Jérôme Chauvin est multiple et ouvert. Pour preuve, son premier album solo « Handpan Stories » sorti fin septembre après plusieurs années de pratique tend dans cette direction puisqu’une partie des bénéfices est reversée à des associations et ONG, pour la cause des enfants d’Afrique (Kenya et Ouganda) et animale. Véritable anti-spéciste, sensible aux luttes pour l’écologie, la santé, pour la condition des enfants, pour l’égalité femmes-hommes, contre la maltraitance humaine et animale, la musique de Jérôme complète une multitude de cordes qu’il accroche régulièrement à son arc.

Et font de lui un homme accompli. Marseille, par la variété de ses traits de caractères, n’y est d’ailleurs pas étrangère : « C’est une ville coup de cœur, une ville populaire et moderne, entière, douce et rude à la fois. Je m’y sens chez moi. Avec ma compagne allemande, on voyage beaucoup, en France et en Allemagne notamment, et même si cela fait toujours du bien d’aller voir ce qu’il se passe ailleurs, Marseille nous manque vite et devient finalement notre point d’ancrage. » Un point d’ancrage composé d’une multitude de brassages culturels et artistiques dans lequel le néo-marseillais prend donc pleinement sa place.

Vous pouvez retrouver le compte Instagram de xkliber et sa page Bandcamp.

Depuis le mois de février, au cœur du quartier de la Pointe-Rouge, Le Rafael pose ses galons et s’impose comme un établissement raffiné et chaleureux. En phase avec le dynamisme qui souffle sur la cité phocéenne, le nouveau-né séduit en effet autant par la qualité de ses produits que par l’ambiance familiale qui s’en dégage. Une satisfaction pour Axel Novaro, son gérant de vingt-cinq ans, ravi de constater que sa première entreprise marie à merveille la réussite à des valeurs auxquelles il tient par dessus tout : offrir aux marseillais une cuisine qualité cinq étoiles à des prix de brasserie, en y ajoutant la pincée de convivialité et de proximité qui fait souvent la différence.

Alors, quelle est la recette du Rafael pour y parvenir ? Voyage en coulisses de l’établissement marseillais.

«  Même en temps que directeur de salle ou gérant aujourd’hui, je tiens à rester près des gens ».

« Il s’agit tout d’abord de travailler ses produits, répond le jeune gérant phocéen. De partir d’un produit neutre pour le travailler au maximum et avoir ensuite un coût final moindre pour l’établissement comme pour le client. » La qualité ensuite. Plancha de la mer (sèche, soupion, poulpe, coquilles Saint-Jacques et gambas le tout poêlé à l’ail et au persil), tartare coupé au couteau, poissons grillés préparés aux graines de fenouil : Le Rafael mise sur la qualité des produits locaux et des mets marseillais. Un principe auquel Axel ne déroge jamais : « Si mon pêcheur me dit qu’il n’a pas tel poisson tel jour, je préfère dire que je n’en ai plus plutôt que de servir à mes clients quelque chose de moins bon. »

Le service ensuite : « Ici, on découpe nos poissons et nos tartares devant les clients, on leur fait constater la qualité de nos produits et on cherche la proximité avec eux. » La proximité, nous y voilà. Axel y tient et cela fait parti de son caractère et de sa façon d’appréhender le métier : « Même en temps que directeur de salle ou gérant aujourd’hui, je tiens à être près des gens. C’est le meilleur moyen de savoir comment ils ressentent la cuisine, ce qu’il se passe en salle.

J’ai ce besoin d’être sur le terrain quoi qu’il arrive. Même si j’ai du travail administratif, je préfère partir plus tard le soir mais être au cœur du restaurant pour donner la main en cuisine, au bar ou en salle si il le faut. » Produits de qualité, travail et proximité, des ingrédients essentiels à l’épanouissement du restaurant comme des clients.

Vécu avec le Wiko WIM

Car Le Rafael est une histoire de voyages autant que de partage. Voyages car après ses études en hôtellerie et ses premières responsabilités dans des établissements français, Axel s’exile en Australie avec la ferme intention d’y réussir : « En arrivant à Melbourne j’avais mon savoir faire mais pas la langue. C’était difficile pour un jeune dans le métier. J’arrive en tant que commis de salle puis, en quatre mois, je deviens maître d’hôtel. » Une évolution rapide due à des compétences solides et un savoir-faire qui s’enrichit.

Après près de deux ans à l’autre bout du globe, Axel songe de plus en plus à rentrer à Marseille pour y importer son expérience et fait un crochet par la Nouvelle-Calédonie pour y passer une semaine avec son oncle. L’étape sera plus longue que prévue : « J’y passe finalement deux ans comme directeur de restauration dans un établissement particulier avec quarante personnes sous ma responsabilité, se souvient-il. On m’a fait confiance et j’ai très vite eu carte blanche. » Une nouvelle ascension éclair et de nouvelles responsabilités qui le convaincront cette fois d’appliquer le tout dans sa ville natale, une envie qu’il nourrissait depuis ses premiers pas dans l’hôtellerie.

«  Le fait de travailler en famille est important pour se rassurer professionnellement ».

Partage ensuite, car il s’agit d’une affaire familiale. Axel touche du doigt le monde de la restauration très jeune, grâce à ses parents qui tenaient un établissement dans lequel un père et son fils (celui d’un certain Marcel Pagnol) s’attablaient souvent : « J’ai toujours baigné dans cette atmosphère et ce métier et plus jeune, je travaillais dans l’établissement familial les week-end et pendant les vacances. »

Pas de hasard si pour sa première affaire, Axel choisi de s’entourer de sa famille : « Le fait de travailler en famille est important pour se rassurer professionnellement. Même si on sait ce qu’il faut faire, on se pose toujours des questions. Et puis on se connaît si bien que cela assure une bonne ambiance. » Une bonne ambiance palpable, qui fidélise une clientèle marseillaise qui coche depuis quelque mois le Rafael parmi ses restaurants fétiches.

Vécu avec le Wiko WIM

Le retour à Marseille semblait donc évident. Parce que depuis plusieurs années la ville bouge et se réinvente, parce qu’Axel et sa famille en sont les enfants. Une ville qu’il affectionne et dans laquelle il se sent bien. Au point de ne plus imaginer la quitter et de continuer d’y développer le Rafael : Axel aimerait faire de la salle du haut un salon de thé avec vue sur la mer. Un coin détente et généreux, à son image : « C’est mon prochain projet, développer cette salle qui est décorée dans le style années trente. Marier cette ambiance avec la vue sur la mer est une idée qui me plaît. »

Pour cela, il faudra patienter encore un peu : en plus de ses desserts et cafés gourmands bien ficelés, Axel cherche à importer du thé de qualité à des prix abordables, encore une fois, pour ses amateurs.

«  Ancrer Le Rafael dans la ville et continuer de le développer ».

Pour offrir à ces derniers des moments conviviaux et de vendre de la qualité, encore et toujours. Une qualité qui s’affiche d’ailleurs sur les réseaux sociaux et le site Tripadvisor dans les commentaires élogieux des clients passés – ou restés - par là.

Dans le futur encore, Axel aimerait s’implanter plus franchement sur les réseaux : un site internet est en cours de création et il aimerait y partager les photos du plat ou du cocktail du jour ainsi que les évènements à venir, comme des concerts de guitare ou de saxophone. De quoi perpétuer les couleurs de la Pointe-Rouge et du Rafael, établissement de plus en plus apprécié des marseillais.

Retrouvez la page Facebook du Rafael à cette adresse.

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